Aline et Aurélie, des sœurs de Cœur

L’UAW a souhaité, tout au long de l’année 2021, mettre à l’honneur ces familles qui transmettent le flambeau, qui collaborent ensemble avec une même passion, l’amour de leur métier, qui créent des maillons entre différents secteurs, qui collaborent au sein de l’entreprise/exploitation agricole familiale, et ainsi vous présenter les projets qu’ils portent ensemble…

En route vers de nouvelles découvertes…

 

Aline et Aurélie , des sœurs de Cœur

Vous connaissez ces agriculteurs qui « n’ont eu que des filles » ? Albert et Jos font partie de ces fiers papas de 3 filles à la ferme ! Et vous savez quoi ? Ils ont tous deux un, que dire, une, repreneuse voire plus !

Aline a repris à temps-plein en 2011 la ferme de ses parents, la ferme du Pont Jaupart à Mont-Sainte-Geneviève (Lobbes).

Aurélie travaille toujours à 4/5 ETP à l’extérieur (en tant que coordinatrice du GAL de l’Entre-Sambre-et-Meuse) et reprendra la ferme à temps-plein dès 2023. C’est sa maman, Marie, qui gère la ferme familiale, la ferme de Merboëlle à Merbes-le-Château, avec l’aide de Sébastien, le compagnon d’Aurélie.

Nous sommes Aline et Aurélie et ça fait maintenant 5 ans que nous avons ouvert un magasin à la ferme et un atelier partagé, Le Spamboux à Mont-Sainte-Geneviève (Lobbes).

 

Je m’appelle Aline, j’ai bientôt 37 ans. Après avoir suivi un bachelier en agronomie à La Reid, j’ai travaillé dans le secteur pendant 6 ans (Redebel, la sucrerie de Brugelette, Aveve, Centragro…). Je me suis ensuite lancée dans la reprise de l’exploitation en démarrant directement la diversification avec la culture des fraises. Mon compagnon travaille à l’extérieur et nous avons 2 filles, Margot 7 ans et Perrine 4 ans.

Je m’appelle Aurélie, j’ai 38 ans et j’ai suivi un Master en Paysage à Gembloux. J’ai toujours été passionnée par le paysage rural et ceux qui le dessinent. J’ai travaillé 10 ans dans un Bureau d’études en aménagement du territoire et environnement. Au décès de mon papa, j’ai revu mes priorités, je me suis rapprochée et j’ai commencé à préparer la reprise de la ferme. Mon compagnon a stoppé ses activités d’entrepreneur en parcs et jardins pour aider ma maman. Nous avons 3 enfants - Zélie 11 ans, Hugo, 8 ans et Alexie 1 an – déjà impliqués par la ferme également. Quand on aime ce qu’on fait, on transmet ces valeurs ;-)

 

UAW : Comment la collaboration entre vous deux s’est-elle concrétisée ? comment cette envie de travailler ensemble/collaborer et de développer de nouveaux projets est-elle née ?

Aurélie : Mon compagnon et Aline sont voisins depuis toujours. Nous nous sommes tous impliqués dans la FJA. De là, Aline et moi sommes devenues amies puis voisines et maintenant collaboratrices.

Aline vendait ses fraises à la fenêtre de la maison familiale et nous, nous avions démarré la culture de chicons et commencions à vendre via le bouche à oreille.

Un jour, en covoiturage vers la Foire de Libramont, nous avons échangé sur nos projets de petits magasins. C’est dans la voiture que nous nous sommes dit et « pourquoi pas le faire ensemble ! »

 

UAW : Avez-vous reçu une aide extérieure pour mettre en place cette collaboration familiale : un soutien au développement de vos projets, installation/transmission, etc. ?

Aline : Ce sont alors succédés de nombreux rendez-vous avec divers conseillers. C’est ensuite l’équipe de Diversiferm qui a pu nous aider à concrétiser et surtout à définir la structure de la coopération pour assurer le meilleur compromis entre les conditions juridiques, économiques et sanitaires. Un véritable parcours du combattant mais nous y sommes arrivés. Si nous pouvons faire passer un message, on dit souvent que les agriculteurs wallons ne sont pas pour la coopération mais il faut dire que la rigidité de la législation n’aide pas. Il est temps qu’on simplifie cela.

Nous profitons volontiers des divers soutiens mis en place par Accueil Champêtre, CERA, la Province du Hainaut, certains concours, marché des producteurs locaux, l’office du tourisme… c’est important de s’impliquer dans les réseaux et ça fait partie de notre philosophie, ensemble on va plus loin !

 

UAW : Le Spamboux, si il fallait le décrire, qu’y trouvons-nous ?

Aline : Bref, le dernier dimanche de mars 2016 est né le Spamboux ! Nous avons ouvert et les clients étaient tout de suite au rendez-vous. Il faut dire que nous bénéficions déjà d’un bon réseau. Moi avec la clientèle des fraises, nos diverses connaissances multipliées par 2, nous étions impliqués dans une coopérative de consommateurs et producteurs…

Aurélie :Notre magasin n’est pas très grand (4x5m) mais il est bien fourni. Nous produisons et déclinons les produits laitiers à partir du lait de chez ma maman : beurre, la Spamboulette – fromage frais, les Spam’bouts – type fêta, l’Entre-Amis – type Neûchatel, le Trivial – type camembert, yaourts, yaourts aux fruits avec nos propres confitures, riz au lait, pâtes à tartiner mais aussi des produits préparés : confitures, conserves de légumes, quiches, desserts, tartes, biscuits… et bien sûr toujours les fraises et les chicons mais la gamme de légumes s’étend : tomates, salades, choux, poireaux, carottes, fenouils…

Nos mamans, Marie-Henriette et Godelieve viennent nous aider le lundi pour faire le beurre. C’est aussi un patrimoine en soi ce savoir-faire. Tout le monde n’a plus la chance d’avoir un proche qui connaisse encore cette pratique et surtout qui prenne le temps de venir le faire chaque lundi. On leur doit bien quelques fraises et quelques desserts 😉

Aurélie : Nous avons à cœur d’entretenir la convivialité et de mettre en avant notre région. Depuis 5 ans maintenant, nous fêtons notre ouverture avec un déjeuner à la ferme et une balade balisée. Ces 2 dernières années ont été chamboulées et cette année nous avons testé le déjeuner à emporter en valorisant la balade « Intrigue à la ferme » mise en place en collaboration avec Accueil Champêtre.

Situé à deux pas du RAVeL, le magasin vient d’être labellisé « Bienvenue vélo » et on propose un pack pique-nique à emporter.

 

UAW : Comment tout ça s’organise au quotidien ?

Aline : On ouvre que 4 jours/semaine (Les lundis et vendredis de 15h à 19h et les mercredis et samedis de 9h à 15h). On a préféré ne pas trop étendre au début vu nos emplois du temps parallèles. Les clients se sont habitués et on a, depuis un an, également un distributeur à disposition. On tient le magasin 2 jours chacune. On essaie de faire des préparations en même temps que de servir les clients mais ça devient de plus en plus compliqué avec l’augmentation de la clientèle. Le temps de travail s’étend donc au-delà des jours d’ouverture.

Il y a la fabrication des fromages, des confitures, les semis, plantations, récolte, entretien des légumes et puis il ne faut pas négliger non plus la vaisselle. On a choisi de conditionner tout ce qui était possible (yaourt, fromage frais, dessert…) en bocaux de verre. On les récupère propres mais on les relave avec un nettoyant désinfectant.

Plus ou moins une fois par mois, on fait aussi des colis de viande. On conduit notre bête à l’abattoir de Charleroi et on va l’emballer sous-vide pièce par pièce chez un boucher qui nous la découpe.

Pour ce qui est des décisions, elles se prennent toujours en concertation, l’une propose, on réagit et on décide. Nous avions rédigé une convention avant de démarrer. Jusqu’à présent, elle n’a jamais eu besoin de resurgir.

 

UAW : Quels sont les avantages/inconvénients de travailler ensemble ?

Aurélie : Notre association, c’est comme un couple. Il y a parfois des inconvénients, ce n’est pas comme on l’avait pensé au départ mais il y a beaucoup plus d’avantages. Le partage du temps de travail et des investissements est certainement un point majeur. Mais il y a aussi tout le reste. Le fait d’être à deux, ce sont des compétences complémentaires, c’est plus convivial et motivant, il y a plus d’idées dans deux têtes que dans une, ça renouvelle donc l’offre, la déco… c’est de l’innovation quotidienne.

Aline : C’est aussi de manière indirecte un contrôle qualité. Il y a toujours un deuxième regard, on se rappelle les process, on vérifie, on goûte… et puis on a une pleine de jeu mutualisée pour la garde des enfants et une bulle COVID étendue ;-)

UAW : Comment votre collaboration a-t-elle évolué depuis la mise en place de vos projets communs et/ou respectifs 

Aurélie : Pour l’instant, il n’y a pas vraiment eu de changement dans notre organisation si ce n’est que les tâches au départ très partagées se précisent plus et sont donc plus facilement réparties. Sans doute une fois que je serai à temps plein sur la ferme ça impliquera des modifications mais à l’heure actuelle, je ne vois pas ce qui stopperait ou compliquerait notre collaboration.

 

UAW : Un petit mot pour la fin ?

Quand on aime ce qu’on fait et avec qui on le fait, la coopération nous donne des ailes et démultiplie les acquis 😉

Et puis n’hésitez pas si vous avez envie de vous lancer, on aime partager notre expérience aussi.

 

Le Spamboux

Rue du Spamboux 2, 6540 Lobbes

FB : Le Spamboux

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