Je m’appelle Caroline. J’ai 42 ans et je suis agricultrice dans le Condroz Namurois avec mon mari. Cela fait maintenant 6 ans que je suis revenue sur l’exploitation avec lui. Nous avons deux grands garçons : Emile et Célestin. Nous élevons du Blanc Bleu Belge et cultivons du maïs, des céréales et des betteraves. Je m’occupe du suivi de gestation, des vêlages et des veaux avec mon beau-père. Même s’il est à la retraite, il est un élément précieux dans la ferme grâce à son savoir et son efficacité. De son côté, Yves gère le plus gros bétail et les cultures.

Mes parents étaient aussi agriculteurs et j’ai deux (petits !) frères : Olivier qui a repris la ferme familiale et Bertrand, le boucher qui met en œuvre notre travail.

Au départ, tu as voulu mettre en place ton projet ?

Quand je suis arrivée à la ferme, j’ai rapidement eu l’envie de développer un circuit court avec notre viande. Ce fut là mon projet de reprise. J’ai toujours eu la fibre commerciale. J’aime partager mon expérience.

Dans le cadre des stages de reprise, j’ai travaillé dans un commerce à la ferme. Même si ce n’était pas dans mon secteur de prédilection, j’y ai appris beaucoup par rapport à la gestion, les normes d’hygiène, … Et aussi par rapport à l’élevage. Je reste persuadée que l’échange des savoirs entre agriculteurs est une richesse.

Nous proposons donc des colis de viande toutes les 4 à 6 semaines. N’ayant pas l’accès à la profession, c’est un boucher qui travaille notre viande. Ce fut là le plus compliqué : trouver un artisan qui travaille de façon respectueuse et artisanale avec le produit que nous lui proposons.

Tu as mis au point un système de colis à la ferme : comment gères-tu la communication et la vente ?

C’est un travail presque au quotidien ! Quand une vente est terminée, la date de la suivante est communiquée. Elle est choisie en fonction du travail du boucher, des saisons mais aussi et surtout de la vache et de son avancement à l’engraissement.

Tout d’abord, c’est via Facebook que l’annonce de la date est faite. C’est facile, rapide et ludique.

Ensuite, suivront les mails et sms.  Je mets un point d’honneur à toujours répondre à mes clients assez rapidement.

Nous sommes toujours heureux de voir que des clients sont fidèles depuis le début. Avec le confinement, notre carnet d’adresse s’est encore étoffé. Beaucoup de jeunes couples et familles sont venus vers nous. C’est vraiment ce que j’espérais en lançant ces ventes : faire revenir le consommateur à nous. Certes, nous ne vendons « que » de la viande de vache. Mais j’ai un carnet d’adresses de très bons producteurs autour de nous à proposer pour les autres produits.

Quelques jours avant la vente, une relance est faite via sms à chaque client. Il m’arrive d’être distraite, alors, je fais comme pour moi et je rappelle !

Qu’est-ce que cela apporte comme avantage de travailler en famille ?

Le contact, indéniablement. Quand le client arrive à la ferme, il est accueilli en famille. Car le jour de vente, on s’y colle tous les 4. Nos étables sont ouvertes et donc une balade libre auprès des animaux n’est jamais exclue. Nous ne livrons pas à domicile, c’est un choix. Cela afin de renouer le lien et de montrer d’où vient le produit consommé.

Et bien sûr, le fait de pouvoir fixer soi-même un prix juste. Le fait d’avoir peu d’intermédiaires, nous permets de mieux nous rémunérer tout en appliquant un tarif attrayant pour le consommateur. On y est tous gagnants.

Comment la collaboration entre ton frère et toi s’est-elle concrétisée ?

Il y a maintenant un an, Bertrand, mon plus jeune frère, qui est boucher depuis 16 ans, s’est installé avec sa famille à Paliseul. Il y a repris une affaire familiale et est épaulé par Virginie, son épouse. Dès son installation, il a eu envie de travailler en circuit court. Il maitrise ainsi ce qu’il travaille. Son prédécesseur faisait déjà pareil.  J’ai également un second frère, Olivier,  qui est aussi éleveur de BBB

Qui a eu l’idée de travailler ensemble ? Un peu tous les trois. On aimait assez l’idée de boucle familiale. Et Olivier engraisse aussi depuis longtemps. C’est une technique que l’on maitrise (du moins je l’espère !). Chaque semaine, il abat 1 vache dans l’abattoir qui est propre à sa boucherie. Une tournante s’est instaurée entre Olivier et nous afin de servir au mieux la boucherie.

Comment tout ça s’organise au quotidien ? Comment se prennent les décisions ?

Bertrand avait tout de même ses exigences que nous avons vite mises en place. Il désire une vache d’un veau minimum, de 48 mois maximum et ayant été minimum 120 jours au bac.

Il abat le lundi. Alors, une fois tous les 15 jours, c’est Yves, mon mari, qui descend à Paliseul déposer la bête à l’abattoir. Là-bas, pas d’attente. Un respect total de la vache. Dès que le vétérinaire donne son feu vert, le travail est fait. J’y suis allée une fois, histoire de voir comment c’était. Pour ma part, une fois suffira. J’aime mon métier. Et je sais pourquoi j’élève des veaux. Je suis le plus grand fan de notre produit fini. Mais cette étape-là, je la zappe !

Quels sont les avantages/inconvénients de travailler en famille ?

C’est comme pour tout boulot je pense. Il faut savoir se dire les choses, même si ce n’est pas toujours facile. Mais une critique qu’elle soit positive ou négative, nous permets d’avancer.

Nous avons atteint maintenant une allure de croisière et ça roule pas mal.

L’important est aussi de savoir faire la part des choses et ne pas parler que bidoche lorsque l’on se voit.

Cette façon de travailler doit vous apporter une certaine reconnaissance de votre savoir-faire ?

Quand on engraisse des vaches, il est assez rare de pouvoir voir son travail fini.

De voir si la rigueur de notre boulot porte ses fruits.

Et là, c’est avec plaisir (et fierté) que nous retrouvons votre viande dans l’étal de Bertrand.

page FB Ferme de Coux & Boucherie - Charcuterie Jaspart

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