À Suarlée, Françoise, 39 ans,  et son mari, sont à la tête d’une exploitation de grandes cultures (betteraves, chicorées, froment, escourgeon, colza, maïs), de 70 BBB, de deux gîtes ainsi que d’une salle de réception. Ils travaillent de façon complémentaire, de manière à s’adapter et à transformer les difficultés en opportunités.

Comment êtes-vous devenue agricultrice ?

À la base, je ne suis pas du tout issue du milieu agricole, j’ai d’abord travaillé comme éducatrice spécialisée pendant 11 ans. Lorsque j’ai rencontré mon mari, il avait besoin d’aide sur l’exploitation et c’est ainsi que j’ai commencé à m’investir en tant qu’agricultrice : en m’occupant des tâches administratives et comptables, des autocontrôles… Il y a deux ans, nous avions encore 60 vaches laitières et notre vie était alors rythmée par la traite, la production et la vente de notre beurre.  Je consacrais également une grande partie de mon temps dans notre magasin à la ferme (beurre, lait, fromages, glaces, poulets fermiers,…).

Qu’est-ce que ça a changé pour vous d’arrêter la spéculation laitière ?

Beaucoup de choses… J Nous avons eu des années difficiles et il a fallu faire preuve de pragmatisme. Après une analyse financière sectorielle, nous nous sommes rendu compte que c’était le secteur laitier qui nous mettait à mal. C’est assez ironique et frustrant puisque l’on sait que c’est l’activité qui nous prend le plus de temps, le plus de travail, et qui nous demande le plus de rigueur… Nous avons donc cessé l’activité et fermé le magasin à la ferme : nous n’avions pas envie de continuer de vendre sans pouvoir proposer nos produits. Je me suis vraiment épanouie en tant qu’agricultrice pendant 7 ans et ça a véritablement été difficile de « passer à autre chose »… Le rythme s’arrête, les automatismes doivent changer et même si mes journées sont toujours aussi remplies, je n’ai plus l’impression d’être autant « agricultrice ». Il existe une sorte de culpabilité à en faire moins… à faire différemment…

En 2015, vous vous consacrez à la rénovation de vos gîtes

Avec l’arrêt de la traite, je me suis consacrée à 100% dans le développement de cette activité, ainsi que dans l’aménagement de notre salle de réception. Au quotidien, je gère le calendrier des réservations, les contrats, la facturation, les rendez-vous divers, le nettoyage, le rangement… Notre concept fonctionne bien : vu notre localisation, nous préférons miser sur un public de travailleurs en déplacement (qui reviennent régulièrement) plutôt que sur le tourisme. Je nourris vraiment des échanges privilégiés avec nos visiteurs, et leur satisfaction me prouve que ce projet de diversification nous l’avons réussi.

Comment avez-vous intégré une section locale de l’UAW ?

Cela fait deux ans que j’ai intégré la section de Gembloux-Namur-Nord-Fosses. J’y suis d’abord allée par curiosité, pour échanger sur d’autres réalités de terrain. J’avais un peu plus de temps depuis l’arrêt de la traite pour essayer de m’investir au sein du comité de section. Ce qui n’aurait pas pu être envisageable sans cela. J’y ai rencontré des personnes motivées, ce qui m’a donné l’envie d’y rester. La suite est à venir…

Avez-vous des projets pour l’avenir ?

J’ai vraiment envie de monter un nouveau projet au sein de l’exploitation, sans que cela mette en péril la gestion de nos gîtes et de la salle de réception évidemment. Beaucoup de possibilités mais rien de concret actuellement. La place nous l’avons car certaines ailes de la ferme ne sont plus utilisées et disposent d’un évident potentiel mais ce besoin de me retrouver dans un nouveau projet (qui ne sera pas forcément en lien avec l’agriculture) doit être bien réfléchi.

C’est pourquoi, j’ai repris en plus un travail à temps partiel dans une jardinerie pour me permettre de faire le point, de me nourrir de nouvelles expériences et de découvrir d’autres univers. J’ai besoin d’avoir une activité en dehors de la ferme pour mûrir ce projet.

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