Rencontre avec Emilie Joris, Jeune pousse du Luxembourg 2019

Emilie Joris est une jeune femme de 38 ans, elle a épousé Nicolas et ils sont parents de 4 enfants deux filles de 16 et 10 ans et deux garçons de 14 et 5 ans : Eléonore, Arthur, Clarisse et Basile.

La ferme, située dans le village de Petitvoir, commune de Neufchâteau, est dirons-nous assez classique pour la région, puisqu’il s’agit d’une ferme d’élevage BBB.

Ferme qui a vu le jour avec les grands parents de Nicolas, puis transmise au papa de Nicolas : Georges Annet pour ensuite être reprise depuis 16 ans par le mari d’Emilie

Comment as-tu rejoint l’exploitation ?

N’étant pas originaire d’une ferme, j’y suis arrivée par amour, en rencontrant Nicolas.

Travaillant à l’extérieur et souhaitant éduquer mes enfants, j’ai souhaité revenir à la ferme.

Je connaissais déjà les contraintes puisque c’est l’horaire de la ferme qui gérait notre quotidien, quand nous étions à une fête de famille ou autre, nous revenions tous les deux pour soigner les animaux. Donc c’est en connaissance de cause, que j’ai pris la décision de m’investir à 100% dans l’exploitation.

Je souhaitais une autre qualité de vie, pour les enfants, pour ma famille. Ne plus être attachée à des horaires contraignants de la vie d’employée. En effet, je travaillais à horaire coupé et donc c’était assez stressant d’avoir l’œil sur la montre tout le temps pour arriver à l’heure au travail.

Comme j’ai mes deux plus petits enfants Clarisse et Basile qui sont fortement intéressés par la ferme, il est beaucoup plus agréable de travailler en famille, en prenant parfois le temps de faire les choses, avec les enfants et de ne pas devoir regarder à un quart d’heure. C’est une telle richesse, une telle fierté de transmettre l’amour du métier à ses enfants, qu’il faut prendre le temps de bien le faire.

Quel est ton rôle sur l’exploitation ?

Je m’occupe principalement des veaux, comme on dit avec les enfants, je travaille dans la maternité de la ferme (rires)

En hiver, cela prend plus de temps qu’en été. Mais j’ai à cœur de m’occuper d’eux. C’est ma partie Nicolas va gérer les bêtes adultes et la paperasse.

Et puis j’ai voulu créer mon propre projet : La ferme Elaclaba (le nom est un mix des prénoms de nos enfants Eléonore, Arthur, Clarisse et Basile)

Pourquoi as-tu lancé ton projet d’accueil à la ferme ?

Je me suis rendue compte qu’étant éducatrice de base, j’avais besoin de ce côté éducatif, relationnel avec les enfants que  je n’avais pas à la ferme.- depuis que j’étais à temps plein ici.

Cela fait plus de 2 ans que je nourris le projet. On y a réfléchit avec mon mari, les enfants et mes beaux-parents. C’était nécessaire de travailler en concertation car pour qu’un projet réussisse, il doit être accepté à l’entourage. En effet, ce type de projet amène automatique  du monde dans la ferme.

Ce projet a muri, on y a réfléchit, regarder les avantages et les inconvénients, mis des balises à ne pas franchir : il faut que tout le monde laisse de la place à tout le monde.

Il fallait que l’activité ‘accueil » n’empiète pas trop sur l’activité de la ferme.

Notre désir était que la ferme reste  une vraie ferme avec un accueil supplémentaire et pas un accueil en priorité avec l’activité de la ferme en accessoire.

J’avais ce besoin de recréer du contact et la transmission de savoir pour mon épanouissement personnel.

Nous sommes tous d’accord au sein de la famille : la priorité ce sera toujours la ferme et c’est très bien comme ça.

En quoi consiste cette activité exactement ?

L’activité a vraiment débuté début mai. C’est donc assez récent.

les réseaux sociaux ont beaucoup aidé ainsi que d’avoir été accueillante avant et d’avoir fait des stages pour enfants au niveau de la commune, ma réputation et l’amour de mon travail étaient connus et cela a aidé aussi lors du lancement. J’ai également créé une page FB. De plus, pour la conception, la réflexion, la mise en œuvre et le suivi, j’ai l’aide de Valérie Mayerus, d’ACW, qui est de très bons conseils

L’accent étant principalement mis sur le côté familiale et voulant rester familial, les groupes sont de 10-15 enfants maximum.

Il y a 3 volets :

Les anniversaires :

J’ai fait 2 – 3 anniversaires pour des amis, puis le bouche à oreille a fonctionné et cela a pris très très vite. Ceux-ci ont lieu les mercredi après-midi ou les samedis

Les stages pendant les vacances scolaires avec 10 enfants max.

Après midi en famille :

Une famille vient, souvent les papy et mamy avec petits enfants.

Il s’agit de visite guidée de la ferme avec quelques activités prévues telles que  soin des animaux,  (nourrissage) des veaux, des vaches, des taureaux, des lapins et des  poules…

Pour le moment je suis seule mais ma fille donne un grand coup de main afin que je puisse rester près du groupe. Car le principe est de ne jamais laisser les enfants courir partout, les consignes sont claires dès le départ car une ferme est avant tout un lieu de travail et donc potentiellement avec certains dangers.

Le groupe reste groupé et je n’ai aucun souci, tous les enfants quel que soit leur âge, comprennent.

Le succès est phénoménal car tout est déjà bloqué pour les anniversaires jusque novembre

Des projets futurs sont envisagés ?

En novembre on termine un local qui servira à passer à la vitesse supérieur pour être reconnue comme  « fermes pédagogiques », projet qui sera ainsi complémentaire, mais pour cela il faut absolument un local qui réponde aux normes, Valérie Mayerus, m’aide beaucoup dans l’élaboration et le suivi de ce nouveau projet.

Notre souhait est d’être une ferme avec de la pédagogie et pas de la pédagogie dans une ferme

Mon but n’est pas d’accueillir des écoles, des classes entières. Des groupe de max 15 personnes seront accueillis et pour pouvoir gérer le groupe comme il faut, les accueillir dans les meilleurs conditions à une échelle familiale

Nous ne voulons pas faire concurrence à nos voisins qui ont déjà ce type de projet. Nous sommes complémentaires et nous pouvons nous envoyer les demandes l’une l’autre. C’est comme cela que l’on fonctionne le mieux : complémentarité et complicité , et ce aussi bien dans la famille que avec mes consœurs agricultrices de la région.

Ce local pourrait être loué pour des conférences, en semaines ou des réunions art floral… mais cela viendra en son temps.

On attend de voir comment combiner tout cela afin de voir si il est faisable pour reprendre les gîtes. Ma belle-mère a déjà un superbe gîte et on aménagerait leur ancien corps de logis en gîte de grande capacité. Mais pour cela, on prendra le temps.

Notre but est de pouvoir garder un lien avec les citoyens sans perdre notre identité familiale.

Quelle est la vision de l’agriculture de demain ?

Une vision peut être un peu utopiste.

Je vois une agriculture reconnue par tous.

Une agriculture où il faudrait arrêter de se battre contre les préjugés des gens.

Une agriculture de proximité et rémunératrice de son travail.

Fb@LafermeElaclaba

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