Rencontre avec Florence Timmermann, Jeune pousse de Liège 2017

C’est à Vinalmont, depuis presqu’un an, que Florence, 26 ans, a installé sa chèvrerie. Non sans un petit pincement au cœur, elle a quitté son Pays de Herve natal pour monter un projet à son image, fruit de sa passion pour l’agriculture. Soucieuse de produire des fromages de qualité, elle y a développé une gamme variée qui déjà rencontre en franc succès auprès des consommateurs.

Quel a été votre parcours avant la création de votre chèvrerie ?

J’ai d’abord réalisé un graduat à l’Institut Provincial d'Enseignement Agronomique de la Reid puis j’ai travaillé pendant 4 ans à la fromagerie des Ardennes (Werbomont). Cette expérience m’a permis d’apprendre les spécificités de la transformation du lait et c’est vraiment un plus aujourd’hui pour la réalisation de mes fromages au lait cru.

Comment votre projet d’installation est-il né ?

Je suis passionnée par l’agriculture, mes parents sont d’ailleurs éleveurs laitiers à Soiron. J’ai longtemps envisagé de reprendre l’exploitation familiale, mais j’ai finalement opté pour la réalisation de mon propre projet (plan économique à l’appui) où je suis en mesure de contrôler et gérer l’ensemble de la chaîne sans intermédiaire. En plus, j’adore le contact avec les animaux et avec les chèvres plus particulièrement, c’était vraiment ce qui me manquait dans mon travail à la fromagerie…

Quelles ont été les étapes pour commencer votre activité ?

L’entreprise agricole familiale de mon compagnon étant située à Vinalmont, j’ai eu la possibilité de réaffecter une partie des bâtiments pour m’installer. En fin 2016, on a aménagé l’étable, installé la fromagerie et le point de vente. En Janvier 2017, après l’acquisition du statut d’agricultrice à titre principal, le Capriflore est né. Avec mes 30 chèvres de race Saanen, la fabrication des fromages au lait cru a débuté en février 2017. Pour cette première année, ma production quotidienne maximum de lait est de 60 litres.

Pourquoi les chèvres ?

C’est un animal que j’affectionne tout particulièrement, je le trouve peu contraignant et facile à manipuler. Je pense aussi que la délicatesse d’une femme est un plus. Pour l’instant, elles restent à l’étable toute l’année et je produis mon foin en quantité suffisante sur 3 Ha de prairies (contrat échange paille fumier avec son beau-frère).

Une journée-type pour vous c’est ?

  • Traite à 7H00 du matin (1H00 de traite de nourrissage et de paillage)
  • De 8H00 à 12H00 : ensemencement du lait, moulage/démoulage des fromages
  • 2 après-midi par semaine, le point de vente à la ferme est ouvert. Je propose des yaourts, des maquées, des petits frais natures ou épicés, des crottins affinés et lardés, ainsi que des pâtes dures.
  • 1 après-midi par semaine est consacré aux livraisons : restaurants, fromagerie, boucherie et revendeurs
  • Le samedi, j’écoule également ma production à Soiron.

Avez-vous des projets pour l’avenir ?

À l’avenir, je pourrais envisager d’agrandir mon cheptel, mais pas au-delà de 50 bêtes. 30 chèvres c’est déjà un boulot à temps plein ! La transformation (tous les jours) et la vente sont aussi une grande partie de mon travail. Mon objectif serait plutôt de diversifier ma gamme de fromages, d’agrandir mon étable et pour être encore plus autonome, de disposer d’un plus grand espace d’affinage.

L’agriculture selon vous c’est ?

Les grandes structures, ce n’est pas mon truc… Je préfère une agriculture familiale de moindre envergure qui facilite la transmission et donne plus de possibilités de reprise. Ma préférence va évidemment à l’élevage, une ferme sans animaux ne serait pas envisageable pour moi. J’adore partager et faire connaître mon métier : visites guidées, portes ouvertes… sont des moments de partage privilégiés.

Quelle est votre point de vue sur les organisations professionnelles agricoles ?

Je suis consciente que les agriculteurs/trices doivent être représentés et défendus, mais je ne me sens pas de m’y investir… D’autant que l’élevage caprin est relativement marginal en Wallonie : pour monter mon projet j’ai dû m’inspirer des modèles français, donc pour moi il manque un « soutien » spécifique pour ce secteur. Actuellement, ce qui est important pour moi c’est le lien social engendré par ces organisations, qui sont des lieux d’échanges et de rencontres qui permettent aussi de réaliser ce qui se passe ailleurs et de « voir autre chose ».

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