« Je trouvais ça bien de pouvoir transformer la matière première directement ici et finalement valoriser nos produits et éviter un maximum d’intermédiaires entre la production du lait et la vente des produits »

Comment et pourquoi es-tu devenue agricultrice ?

A la base, je ne pensais pas du tout travailler à la ferme, je n’aimais pas ça du tout. On avait 2 troupeaux : troupeaux de vaches laitières, vaches viandeuses, des cultures et moi honnêtement, ça ne me passionnait pas du tout. Mes grands-parents faisaient déjà un peu de beurre mais un tout petit peu et Maman a continué. Et il y a une dizaine d’années d’ici, avec les différentes crises qui ont touché le milieu agricole, mes parents ont décidé de lancer la vente directe et de pouvoir transformer la matière première, qui est le lait, directement sur place et de proposer un petit magasin à la ferme. Donc ça a commencé comme ça et alors à ce moment-là, Maman a continué le beurre et a lancé la gamme de yaourts. Et puis, au fur et à mesure, c’est vrai que les gens revenaient de plus en plus vers les produits locaux, ils étaient assez intéressés et ils étaient demandeurs d’une plus grande gamme de produits. Parce que s’ils se déplacent jusqu’ici alors clairement ils ont envie de pouvoir acheter plusieurs produits. Et alors, Maman a fait une formation fromage à Ath et donc elle a commencé petit à petit à transformer le lait. Au départ, elle allait dans les locaux à Saint-Quentin à Ciney pour transformer le lait là-bas. Et puis, petit à petit, elle a acheté le matériel pour pouvoir le faire ici.

Et toi alors, dans tout ça ?

Moi c'est vraiment quand Maman a lancé la vente directe que je me suis dit finalement, cet aspect-là du monde agricole c'est quand même sympa. Alors qu’avant ça ne me parlait pas. Mais ça je trouvais ça bien de pouvoir transformer la matière première directement ici et finalement valoriser nos produits et éviter un maximum d’intermédiaires entre la production du lait et la vente des produits. Et puis on a commencé à avoir plusieurs contacts des magasins ici dans les environs qui avaient envie de vendre nos produits. Donc comme ça les clients ne devaient pas forcément venir ici sur place mais il y a plein de petits magasins ici aux alentours qui revendent nos produits, pas forcément toute la gamme mais en tout cas en partie. Et moi, en parallèle, j’aidais Maman mais j’avais toujours mon boulot de prof et je me suis lancée en cours du soir pendant deux ans, j’ai fait une formation pour faire de la glace, à l’IFAPME à Perwez, donc c'est 2 ans, 2 soirs par semaine. Et donc l’idée c’était toujours de pouvoir proposer un produit en plus à nos clients et de pouvoir encore proposer un produit fini avec notre lait ici directement sur place. Et donc, après ma formation de deux ans, on a commencé à s’équiper doucement pour pouvoir faire la glace ici sur place.

Tu t’occupes uniquement de la glace ?

Donc moi c'est vraiment, j’aide pour tout le reste. Le beurre, en général, je ne fais pas, mais les fromages, les yaourts, j’aide. Mais vraiment mon truc à moi et ce que moi j’ai apporté ici c'est vraiment la partie glace. A la base, il n’y avait que moi qui m’occupait de la glace mais je suis maman depuis début septembre, et du coup fin de grossesse et avec le bébé, il a fallu s’adapter un petit peu, donc là c'est vrai que ma maman et ma belle-sœur, qui travaillent ici aussi, se sont mises un peu à faire la glace pendant mon absence. Mais à la base c'est vraiment mon produit et ma partie.

Donc ici tu nous a expliqué comment tu étais revenue sur la ferme, est-ce que tu as des projets pour le futur ?

Déjà, un des projets qui vient de se concrétiser c'est l’agrandissement du magasin. Le magasin était vraiment tout petit, on proposait principalement nos produits et c'est vrai que, de plus en plus, les clients nous demandaient de pouvoir élargir un peu la gamme de produits qu’on pourrait proposer. Donc on s’est dit, pourquoi pas, on a eu l’opportunité d’agrandir le magasin et donc depuis on propose des légumes qui viennent de la ferme de Bérines à Sart-Dames-Avelines, on propose aussi de la charcuterie, des bières, des pommes de terre. On propose les produits de la Chise, ça on en avait déjà avant dans le plus petit magasin mais très peu par manque de place. La charcuterie qui vient de Emines, de la boucherie « Les Fermes de Chez Nous » : « Boucherie Originelle », des pommes de terre d’un petit producteur ici du coin.

Et tu travailles encore à l’extérieur ?

Avec mon horaire de prof, ça ne se combinait pas trop mal avec les vacances, etc. Mais voilà, ça prend de l’ampleur et à un moment il a fallu faire un choix et mon cœur penche quand même du côté entreprise familiale. J’ai quand même gardé quelques heures à l’école mais à partir du mois de janvier, je serai ici quatre jours par semaine. J’ai gardé huit heures à l’école et le reste je serai ici. Et je m’occupe aussi de toute la partie administrative pour la vente directe

De manière plus générale, comment vois-tu l’agriculture de demain ?

Je pense que le côté familial et petite entreprise, qu’on peut continuer en famille, pour moi c'est très important et j’espère qu’à l’avenir ça pourra encore être pareil, et pas des grosses structures. Et voilà, qu’on puisse garder ce côté, cet esprit famille comme on a ici pour l’instant. Et alors aussi par rapport à l’avenir et par rapport au thème de la journée provinciale sur le Carbone, on essaie de - on n’y est pas encore tout à fait, c'est aussi dans le futur – proposer un maximum des contenants qui soient réutilisables ou biodégradables. Donc en tout cas, point de vue glace, on y est déjà, la plupart des contenants de la glace sont 100 % biodégradables. Pour les yaourts on fait de plus en plus des yaourts dans des pots en verre, qu’on récupère, qu’on lave, etc. et qu’on réutilise. Et ici, par rapport au magasin, on a aussi de plus en plus de clients qui viennent directement avec leurs contenants, comme ça on évite un maximum tout ce qui est déchets en plastique, etc. et alors on livre aussi dans certains magasins, on a de plus en plus de magasins qui proposent des produits en vrac, donc on travaille de plus en plus avec eux où on livre nos produits sans emballage, les yaourts, évidemment sont dans des pots en verre, mais sinon, pour les fromages etc., on livre dans des grandes boîtes et voilà, il n’y a plus du tout de plastique ni rien et c'est vrai qu’on va de plus en plus vers ça et c'est aussi ce que demande la clientèle.

Qu’est-ce qui vous pousse à aller vers ça ?

On espère réduire un maximum les déchets, tant au niveau de la production que des produits finis, parce que c'est vrai que pour l’instant on est toujours avec des petits pots en plastique pour les yaourts. Donc on y arrive mais ça ne se fait pas du jour au lendemain, donc on s’est focalisé… quand j’ai commencé la glace, je n’avais pas envie de commencer justement avec des pots en plastique, et donc on a trouvé ces contenants-là, et ça c'est depuis le début. Et pour les fromages, ça c'est un peu plus facile, les yaourts, petit à petit, on va finir par éliminer tout ce qui est contenant en plastique, mais c'est vrai que ça demande quand même du temps et ça ne se fait pas du jour au lendemain, surtout qu’on est équipé pour mettre les yaourts en pot, la machine ne va que pour les pots en plastique donc c'est aussi d’autres investissement, etc., donc ça va se faire mais ça prend du temps.

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