Bonjour,

Je m’appelle Catherine Delhaye. Je suis née à La Louvière et j’y habite depuis 61 ans. Après un parcours d’indépendante, je suis entrée à l’administration communale de La Louvière depuis une dizaine d’années. J’y exerce la fonction de conseillère économique.

En quoi consiste votre rôle de conseillère économique à la Ville de La Louvière, et en particulier comment êtes-vous au service des agricultrices et agriculteurs de votre région ?

Dans ce cadre, j’aide notamment les investisseurs, commerçants, entrepreneurs qui souhaitent développer leur projet sur le sol louviérois. Je les guide dans leurs différentes démarches administratives, les conseille dans la recherche et le choix d’un emplacement et les aide dans les demandes de permis.

Cinquième ville de Wallonie, La Louvière dispose de plus de 40% de terres agricoles. Dès mon arrivée à la Ville, j’ai essayé de valoriser les fermes de l’entité qui vendent directement leurs produits aux consommateurs. En effet, le milieu agricole m’a toujours intéressé. Il est vrai que pendant une dizaine d’années dans mon enfance, je passais mes weekends à Buvrinnes où mes parents avaient une maison de campagne. Toute la journée, avec ma sœur et mes frères, nous étions du matin au soir dans la ferme voisine. A l’époque, le fermier n’avait pas de tracteur et nous adorions nous occuper des chevaux, Gamin et Blondine. La traite des vaches était manuelle et on rentrait les foins à la fourche. Que de magnifiques souvenirs !

Quels projets avez-vous mis en place au sein de votre commune pour soutenir l’agriculture locale ?

Afin de valoriser le monde agricole et les produits de la ferme, l’étape première est la « communication ». Il y a 10 ans, les exploitations agricoles restaient très discrètes dans leur communication et n’incitaient pas les citoyens à franchir leur entrée.

Il fallait absolument faire connaître les fermes et avec l’aide du service communication de la Ville, nous avons réalisé un folder reprenant les différentes fermes de l’entité qui vendaient directement leurs produits aux consommateurs. Ce folder a été distribué largement et a permis aux citoyens de franchir  la porte des fermes et ainsi de participer au développement des circuits courts. Depuis la première édition, le folder est remis à jour régulièrement.

Ensuite, avec l’aide de Madame Geneviève Ligny, la Ville de La Louvière a participé en 2012 à l’organisation de l’événement « La Ville s’éveille au chant du Coq ». Cet événement a recueilli un énorme succès auprès de la population et a connu une deuxième édition en 2017.

Au fil des années, l’engouement pour les producteurs locaux et les circuits courts a continué à être valorisé à la Ville de La Louvière. Nous avons accueilli à deux reprises le salon « C’est bon, c’est wallon ».  Aux dires des organisateurs, La Louvière est une des villes avec la plus grande fréquentation de visiteurs et d’acheteurs. De plus, avec mes collègues du service environnement, nous y avons développé un vaste espace dédié au « zéro déchet ». En effet, depuis plusieurs années, La Louvière a fait du « zéro déchet » (ZD) l’un de ses chevaux de bataille. Au domicile, au magasin, à l’école… la Ville multiplie les initiatives tous azimuts pour encourager la réduction des déchets. Son travail multidisciplinaire de longue haleine a été récompensé en 2017 d’un prix européen octroyé dans le cadre de la Semaine européenne pour la réduction des déchets (The European Week For Waste Reduction Awards). Et ce, au nez et à la barbe de Londres et de Sysav, une bourgade suédoise.

Une autre mise en valeur de l’agriculture locale a été la mise en place d’un marché des producteurs locaux le 1er dimanche du mois de mai à octobre depuis 2018. Intitulé « Du champs à l’assiette » ce marché regroupe une dizaine de producteurs et se tient sur la place de Strépy-Bracquegnies, face à la ferme Delsamme.

D’où vous vient cette sensibilité pour le secteur agricole ?

Cette sensibilité et cet intérêt au milieu agricole a pris racine dans mon enfance. Plus tard, j’ai participé pendant plus de 10 ans à l’organisation de la « Fête à la ferme » à Morlanwelz où j’ai fait la connaissance des exploitants qui sont devenus des amis, monsieur et madame Dupont. Au fil des ans, j’ai de plus en plus fait attention au bien manger et j’ai toujours essayé d’acheter local et de saison.

Qu’est ce qui vous passionne le plus dans votre fonction ?

La diversité des tâches à accomplir qui vont de la délivrance de permis à l’organisation d’événements en passant par la recherche de subsides.

J’aime aussi les contacts avec les citoyens et le fait d’avoir réussi à mettre en place un projet.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer en tant que conseillère économique au service de l’agriculture ?

A mon niveau, je n’ai pas particulièrement rencontré de difficultés avec le monde agricole lors de la mise en place des différents projets. Les fermiers se sont toujours montrés intéressés par les initiatives permettant de valoriser leur travail et leurs produits. D’après eux, la réalisation du folder sur les Fermes qui vendent directement aux consommateurs a été un élément déclencheur important pour le développement de la vente à la ferme.

Quelle est votre plus belle réussite ou le projet qui vous rend la plus fière ?

En ce qui me concerne personnellement, outre les initiatives communales, j’ai créé avec quelques amis un Groupement d’Achat Commun (GAC) qui regroupe une vingtaine de producteurs locaux et permet la mise en valeur du « manger local » et des circuits courts. Ce GAC s’appelle Ecoloups et fonctionne avec un site de vente en ligne et des distributions tous les 15 jours le jeudi de 17h à 19h.

www.ecoloups.be

 

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