Rencontre avec une vétérinaire rurale passionnée depuis toute petite par ce beau métier.

Je m’appelle Pauline Rézette, j’ai 27 ans et je suis vétérinaire en petits et gros animaux à Bièvre dans les Ardennes namuroises où je vis depuis toujours.

Pauline, comment t’es venu cette vocation ?

Depuis toute petite, je suis mon papa lors de ses visites chez les éleveurs et le cabinet de consultations est annexé à la maison de mes parents. J’ai donc toujours baigné dans le métier et la clientèle me connaît depuis mon plus jeune âge. Une fois mes études terminées, je me suis associée avec mon papa de manière tout à fait naturelle et la collaboration se passe très bien. Le fait de connaître les éleveurs depuis toujours fait que je suis accueillie de manière très sympathique.

Dans ma promotion, je dirais que 2 étudiants sur 3 étaient des filles. La féminisation de notre métier est une bonne nouvelle.

Quelle est une journée type pour toi ?

Je n’ai pas vraiment de journée type. Mon métier est rempli d’imprévus à imbriquer entre les rendez-vous petits animaux, les visites en exploitation et les urgences qui parfois s’enchaînent toute la journée. Habituellement, j’essaye de placer les opérations chirurgicales le matin, les visites d’animaux de ferme ou chevaux l’après-midi, les consultations de petits animaux fin de journée et puis le soir est souvent occupé par des vêlages ou autres urgences. Les journées ne se ressemblent pas.

Combiner une vie de famille avec ce métier n’est pas facile tous les jours puisque nous n’avons pas d’horaire.

Pourquoi avoir choisi les gros animaux et animaux de compagnie ?

J’ai fait le choix de me lancer dans les deux parce que je trouve qu’on obtient un équilibre  intéressant en fréquentant deux types de clientèle et de patients différents. Cela apporte encore plus de diversité à mon travail. C’est un métier d’empathie mais on joue également un rôle important pour la sécurité sanitaire des aliments ainsi que pour les maladies zoonotiques en soignant les animaux de rente.

 Qu’est ce qui te passionne le plus dans ton métier ?

J’apprécie énormément le contact humain.

Pouvoir discuter avec le client, de son animal, des soins à prodiguer mais également de sujets du quotidien.

Le fait d’être indépendante m’autorise à avoir ma propre manière de travailler, ce qui est très enrichissant. Et puis à la longue, une relation de confiance gratifiante s’installe entre le client et le vétérinaire.

Quelle est la part de travail administratif en tant que vétérinaire ?

C’est la partie la plus barbante du métier mais elle prend beaucoup de temps. Il y a bien évidemment les factures, les payements de nos fournisseurs, les inventaires, les DAF, les documents administratifs pour les identifications et les demandes d’analyses, les classements de résultats, etc..

As-tu pu observer une évolution au sein des fermes ?

Vu ma courte expérience, je ne peux pas encore me rendre bien compte de ce genre de choses mais il est vrai que désormais, les éleveurs ont adapté leur façon de travailler. Il est un peu moins fréquent de se relever durant la nuit qu’auparavant. Certes la technologie se développe et beaucoup recherchent un peu plus de confort dans leur travail grâce à des installations plus adaptées ou une manière de travailler plus efficace.

Bien que les technologies améliorent la qualité de vie du métier, il n’en reste pas moins physique.

Quel est ton plus beau souvenir ?

C’est difficile à dire, mais je pense qu’une opération peut se démarquer.

La réussite d’une opération chirurgicale sur un taureau de saillie qui présentait de violentes coliques. Il s’agissait d’une hernie inguinale étranglée.

Le fait de se dire que la bête a été sauvée et que l’éleveur ne perdra pas son taureau est extrêmement satisfaisant pour moi.

Quel a été ton moment le plus compliqué à gérer ? (Emotionnellement ou physiquement)

Il est parfois difficile de gérer ses émotions dans certains cas. Je pense notamment en petits animaux lors d’une euthanasie. Pour citer un exemple, le chat ou le chien en question est parfois le dernier souvenir vivant que possède une personne veuve de son époux/épouse. Cette situation est délicate à gérer émotionnellement pour le propriétaire mais pour le vétérinaire également. Mais ainsi va la vie…

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