Une belle leçon d’optimisme !

interview avec Geneviève Dupont, vice-présidente UAW

Du 6 au 14 juin dernier, Geneviève Dupont, vice-présidente UAW,  a eu l’opportunité d’aller à la rencontre de producteurs de République Dominicaine engagé dans le commerce équitable. Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus sur ce voyage organisé par Max Havelaar.

Quel était le but de l’association Max Havelaar à travers ce voyage ?

Pour l’association Max Havelaar, il s’agissait d’une mission d’évaluation du travail réalisé sur place et de visites aux producteurs. A l’occasion de cette visite, ils avaient convié quelques journalistes et quelques personnes issues du milieu associatif, du monde syndical et une agricultrice. Pour Max Havelaar, cela permettait non seulement de montrer le travail réalisé sur place mais aussi de récolter l’avis d’observateurs extérieurs. Le voyage était organisé autour de la question « Les producteurs se portent-ils mieux grâce au Commerce Equitable ? ».

Comment s’est déroulée la mission ?

Nous sommes donc partis une semaine en République Dominicaine. Au cours de cette semaine, nous avons pu par le biais de visite dans plusieurs coopératives (de cacao, de bananes,…), par les rencontres avec les responsables de ces coopératives, voir comment concrètement cela fonctionne : ce qu’est le commerce équitable, les points à respecter pour pouvoir être labelliser, le respect des cahiers de charges, au niveau social et environnemental notamment, car la démarche va au delà de l’aspect uniquement économique. Alors bien sûr le principe du commerce équitable, c’est que les producteurs dans les coopératives puissent vendre à un prix qui couvre au minimum leurs coûts de production et quand c’est possible puisse faire un bénéfice. Donc quand le prix sur le marché est trop bas, grâce à Max Havelaar, la différence est compensée. Quand le prix est plus haut, ils sont mieux payés. Cela permet aux producteurs de vivre mieux, d’améliorer leur situation. Et celle-ci est également améliorée pour toute la communauté, le village car  autour de chaque projet de coopérative de commerce équitable, grâce au soutien de Max Havelaar, se développe aussi des projets de type sociaux à destination de toute la population locale : construction d’un dispensaire, d’un puit, mise sur pied d’une école… Ce sont les agriculteurs de la coopérative qui décident entre eux dans quoi l’argent va être investit.

Les agriculteurs au sein des coopératives reçoivent également des formations ainsi que les conseils d’ingénieurs agronomes ce qui leur a déjà permis d’améliorer fortement la qualité de leurs produits. Pour garantir cette qualité, ils doivent respecter des normes très strictes que ce soit pour le cacao ou les bananes. Au fond, ils ont un peu des contraintes comme nous. Par exemple, ils doivent faire attention à l’utilisation des produits phytos, aux emballages de ceux-ci pour ne pas polluer les rivières. Dans certains endroits, pour les bananes notamment, ils mettent en place des système de protection des cultures intégrés où ils essaient d’utiliser les insectes contre les ravageurs.

Que retenir de ce voyage ?

Il y a tant de choses… J’ai vraiment été enthousiasmée par la démarche du commerce équitable. Et je me dis qu’on pourrait très bien essayer de mettre quelque chose comme cela en place chez nous. Car c’est vrai qu’en Europe, on ne tient quand même pas assez compte des coûts de production. On est jamais assuré en tant que producteur que le prix qu’on va recevoir couvrira nos coûts de production ! Puis au niveau social, dans nos pays on connaît souvent des problème de chômage pour des personnes parfois peu qualifiées qui peinent à trouver du boulot. Je me dis que des projets similaires à ceux qu’on a visité pourrait peut-être être créé ici et que cela pourrait peut-être aider des producteurs à pouvoir embaucher ces personnes et en quelque sorte, l’agriculture pourrait un peu aider à résorber le chômage.

Quelque chose qui m’a frappé aussi ce sont les négociations entre Max Havelaar et la grande distribution. Pour éviter que le prix au consommateur soit trop haut, les grandes surfaces qui vendent les produits Max Havelaar ici ont accepté de diminuer leurs marges sur ces produits. Ce serait bien que cela se passe comme ça pour nous aussi…mais bon…

En tout cas, c’est une belle leçon d’optimisme pour nous agriculteurs quand on se trouve dans des situations difficiles. Ces gens au départ se trouvaient dans des situations très difficiles, certains n’avaient presque rien… quand on voit cela, ce qu’ils ont réussi à mettre sur pied….ça me donne de l’optimisme ! On peut se dire « il y a toujours moyen de s’en sortir » même si c’est difficile, il faut lutter, aller de l’avant !

Les échanges avec ces producteurs dominicains et Max Havelaar vont-ils continuer ?

Oui les échanges vont continuer. Avec les responsables de Max Havelaar d’une part, qui par mon témoignage d’agricultrice ont été, je pense, aussi frappé de voir que notre agriculture était également en crise depuis qu’on diminue la protection que l’on avait autrefois grâce à la PAC. Nous devons encore les rencontrer prochainement pour discuter de la situation chez nous et ce qu’on pourrait faire ensemble. Puis ils accompagneront des représentants de la coopérative BANELINO, une coopérative de bananes que j’ai pu rencontrer lors de mon voyage, lors d’une visite à Gembloux et d’une rencontre avec le Bureau de l’UAW début octobre. Ils viendront également visiter notre exploitation, voir ce que l’on fait, notre production de potirons-potimarrons, comment on s’organise, etc.

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